Adèle Bloch-Bauer I & Looted Art

Shmate and multiple techniques 90 cm X 90 cm

Shmate et multiples techniques 90 cm X 90 cm

Adèle Bloch-Bauer I et le Shmate Lara Laria Martin
Painting of the face of Adèle Bloch-Bauer I and adapted by Lara Laria Martin. Peinture du visage d’Adèle Bloch-Bauer I revisité par Lara Laria Martin.
Adèle Bloch-Bauer I et le Shmate Lara Laria Martin
Painting of the portrait of Adèle Bloch-Bauer I adapted by Lara Laria Martin. This painting is created with a cloth. Peinture du portrait d’Adèle Bloch-Bauer I.
Portrait Adèle Bloch-Bauer I by Klimt Neue Galerie New York
Portrait Adèle Bloch-Bauer I by Klimt. Version originale du tableau. Neue Galerie New York
Le chiffon - Shmate Lara Laria Martin
Shmate cloth for the painting for the portrait of Adèle Bloch-Bauer. Le shamte support pour le tableau d’Adèle Bloch-Bauer.
Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme 25 mai 2014
Exposition “Atelier textile” Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme 25 mai 2014. Exhibition in Paris at the Museum of art and history of the Judaîsme.

Version en français après ce texte

The portrait of Adèle Bloch-Bauer I, adapted by Lara Laria Martin

The shmate as artistic support

This painting was made as part of a textile creation workshop organized by the Museum of Art and History of Judaism in Paris. This activity proposed by Elisabeth Kurztag focused on the theme of the «shmate», rag in yiddish.

This workshop proposed to the participants to create with a cloth, something related to the Art and history of Judaism.

Once this piece of cotton was in my hands, I decided to use it as a support. This shmate was to become an illustration, of one of the parts of the history of Judaism: the spoliation (raubkunst, Beutekunst) of the Jews during the Second World War.

The spoliation of Jewish art and real estate

I approached this fabric, imagining a scene going on in France. The one of a Jew discovering his apartment having paid for the aryanization of his property. Here everything was taken away. There’s nothing left but a dirty rag left on the kitchen table. The man is seized with a violent desire to cry and catches the shmate to wipe away this flood of tears. For him, at that point, there is nothing left.

Yet the hours pass and the impulse of life takes over.

How to regain hope, when everything has just collapsed? How to find a resource in almost nothing?

When only one shmate remains as the last wealth

This “shmate” has become the time of this textile workshop, the last treasure of this poor, stripped-of-treasure.

As a copyist and painter, the idea of making a picture of this fabric, seemed to me to be obvious.

The story of the portrait of Adèle Bloch-Bauer I by Klimt (1862 – 1918) would be the beginning of my creation.

This painting «the golden portrait of Adèle Bloch-Bauer» is the very embodiment of the aryanization of property, the spoliation of Jews and, above all, the emblem of restitution.

Generally, the topic of dispossession is dealt with the axis of the definitive loss of property and objects. However, the legal battle waged by the descendants of Adèle Bloch-Bauer, supported by the Commission for Art Recovery and the law of 1998 on the restitution of works of art, illustrates the possibility of success.

Commission for Art Recovery and Hear Act 2016 as Hope

This victory is a message of hope for all unbekannt. The “unbekannt” are the many objects of Art or stolen goods that the Nazis have listed as “unknown owner”. Will these works of art, intended for the project of the Fuhrer Museum (Linz probeerauftrag), one day find the families of their owners?

In revisiting the portrait I of Adèle Bloch-Bauer, I proceeded by several steps, mixing several techniques.

The shmate becomes a table with multiple techniques

First, I started by copying the main features of the original Klimt painting. Then, I stretched the textile on a chassis. I started treating Adele Bloch-Bauer’s overcoat with a spay painting and layers of acrylic paint. The flowers in the background of the picture were also treated with acrylic.

Then, wanting to dress Adèle Bloch-Bauer in a beautiful pearl grey sheath, I sewed a piece of satin coupon on the painted “schmate”. Then to give relief and nobility to his outfit, I sewed pearls in the shape of petals. The difficulty was to sew on an already tense canvas.

The face and visible parts of the body are painted with oil paint. This choice brings a greater softness and above all a natural appearance. The hands are also treated with oil, they voluntarily express a form of decryption, symbol of spoliation.

In this interpretation, Adèle Bloch-Bauer poses in front of a lighted meniorah. The light of this candlestick symbolizes the hope of continuing to restore other looted works.

Determination, Claim and Law for Restitution

In 2019, the determination of the descendants of Jewish families who were dispossessed, the continued actions of the Commission for Art Recovery, the 1998 law on the restitution of works of art and the Holocaust Expropriated Art Recovery (HEAR) law passed in 2016, still offers means of action.

Remember, after looting, a common rag can contain a treasure.

Lara Laria Martin

 

Le portrait d’Adèle Bloch-Bauer I, adapté par Lara Laria Martin

Le shmate comme support artistique

Ce tableau a été réalisé dans le cadre d’un atelier de création textile organisé par le Musée d’Art et d’histoire du Judaïsme à Paris. Cette activité proposée par Elisabeth Kurztag portait sur le thème du « shmate », chiffon en yiddish.

Cet atelier proposait aux participants de créer avec un chiffon, quelque chose en relation avec l’Art et l’histoire du judaïsme.

Une fois ce bout de coton entre les mains, j’ai décidé de l’utiliser comme un support. Ce « shmate » allait devenir une illustration, d’un des pans de l’histoire du judaïsme : la spoliation (raubkunst, beutekunst) des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

La spoliation d’objets d’art et de biens immobiliers Juifs

J’ai abordé ce tissu, en imaginant une scène se passant en France. Celle, d’un juif découvrant son appartement ayant fait les frais de l’aryanisation de ses biens. Ici tout a été raflé. Il ne reste qu’un vulgaire torchon laissé sur la table de la cuisine. L’homme est saisi d’une violente envie de pleurer et attrape le « shmate » pour essuyer ce flot de larmes. Pour lui, à ce moment-là, il n’y a plus rien.

Pourtant, les heures passent et la pulsion de vie reprend le dessus.

Comment reprendre espoir, quand tout vient de s’effondrer ? Comment trouver une ressource dans presque rien ?

Quand il ne reste qu’un shmate comme dernière richesse

Ce « shmate » est devenu le temps de cet atelier textile, le dernier trésor de ce pauvre hère spolié.

Copiste et peintre, l’idée de faire un tableau de ce tissu, me parut être une évidence.

L’histoire du portrait d’Adèle Bloch-Bauer I réalisé par Klimt (1862 – 1918) serait le départ de ma création.

Ce tableau « le portrait doré d’Adèle Bloch-Bauer » est l’incarnation même de l’aryanisation des biens, de la spoliation des Juifs et surtout l’emblème de la restitution.

Généralement, le sujet de la spoliation est traité sous l’axe de la perte définitive des biens et des objets. Pourtant, la bataille juridique menée par les descendants d’Adèle Bloch-Bauer, soutenue par la Commission for Art Recoveryet la loi de 1998 relative à la restitution des œuvres d’art, illustre la possibilité d’un succès.

La Commission for Art Recovery et Hear Act 2016 comme espoir

Cette victoire est un message d’espoir pour tous les « Unbekannt ». Les « Unbekannt » sont ces nombreux objets d’art ou biens volés et répertoriés par les nazis comme « propriétaire inconnu ». Ces œuvres d’art, destinées au projet du musée du Fuhrer (sonderauftrag Linz), mais également à Goering et sa bande, retrouveront-elles un jour les familles de leurs propriétaires ?

En revisitant le portrait I d’Adèle Bloch-Bauer, j’ai procédé par plusieurs étapes, en mélangeant plusieurs techniques.

Le shmate devient un tableau aux multiples techniques

Premièrement, j’ai débuté par calquer les traits principaux du tableau original de Klimt. Puis, j’ai tendu le textile sur un châssis. J’ai commencé à traiter le pardessus d’Adèle Bloch-Bauer à la bombe et avec des couches de peinture à l’acrylique. Les fleurs dans le fond du tableau ont été traitées également à l’acrylique.

Ensuite, voulant vêtir Adèle Bloch-Bauer d’une magnifique robe-fourreau gris perle, j’ai cousu un morceau coupon satiné sur le « schmate » peint. Puis pour donner du relief et de la noblesse à sa tenue, j’ai cousu des perles en forme de pétales. La difficulté était de coudre sur une toile déjà tendue.

Le visage et les parties visibles du corps sont peints à la peinture à l’huile. Ce choix apporte une plus grande douceur et surtout un aspect naturel. Les mains sont traitées également à l’huile, elles expriment volontairement une forme de décharnement, symbole de la spoliation.

Dans cette interprétation, Adèle Bloch-Bauer pose devant une ménorah allumée. La lumière de ce chandelier symbolise l’espoir de continuer à restituer d’autres œuvres pillées.

La détermination, la revendication et la loi pour la restitution

En 2019, la détermination des descendants de familles juives spoliées, les actions maintenues de la Commission for Art Recovery, la loi de 1998 relative à la restitution des œuvres d’art et le HEAR (Holocaust Expropriated Art Recovery) loi votée en 2016, offre encore des moyens d’action.

N’oubliez pas qu’après un pillage, un vulgaire chiffon peut receler un trésor.

Lara Laria Martin

 

 

 

 

 

 

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