“Smoker Still Life” Hubert Van Ravesteyn

Nature morte de Hubert Van Ravesteyn “Smoker” (1664)

Painting copied by Lara Laria Martin / Peinture copiée par Lara Laria Martin

38cm x 29cm

Hubert Van Ravesteyn "Smoker" copy by Lara Laria Martin
Hubert Van Ravesteyn “Smoker”, a copy made by Lara Laria Martin. Copie d’une nature morte de Hubert Van Ravesteyn “Fumeur”, par Lara Laria Martin.

Hubert Van Raversteyn “Smoker” Original version

Painting "Smoker" painted by Hubert Van Ravesteyn
Van Ravesteyn Original version of the painting “Smoker”.
Copy step "Smoker" Van Ravesteyn by Lara Laria Martin
Copy process for the painting “smoker” originaly painted by Hubert Van Ravesteyn and copied by Lara Laria Martin. Etape d’une copie d’une nature morte.
Copy process by Lara Laria Martin - Smoker - Van Ravesteyn
This is a copy process of the copy painted by Lara Laria Martin, og the painting “Smoker” of Hubert Van Ravesteyn. Etape d’une copie de nature morte.
Copier une peinture par étape avec Lara Laria Martin.
Copy process for a sill life of Hubert Van Ravesteyn, copy by Lara Laria Martin. Technique de copie d’une nature morte, par Lara Laria Martin

 

Cette peinture est la copie partielle, d’un tableau peint par Hubert Van Ravesteyn.

(English version below)

Hubert Van Ravesteyn est un artiste peintre néerlandais, né en 1638 à Dodrecht et décédé en 1691. Il est connu pour avoir peint de magnifiques « natures mortes » et de nombreuses scènes du quotidien. Pour pouvoir appréhender ce tableau, il est important de restituer le contexte historique et artistique d’Hubert Van Ravesteyn.

En 1521, les décisions autoritaires de Charles Quint génèrent une opposition violente au cœur des Pays-Bas espagnols. Sous un fond d’inquisition, le dictat espagnol guidé par la volonté d’imposer la religion catholique, se heurte aux calvinistes et luthériens. Ces tensions omniprésentes débouchent en 1579 par l’union d’Utrecht. Cette union est caractérisée par une sécession entre la monarchie espagnole et 7 provinces des Pays-Bas espagnols (Hollande, Utrecht, Zélande, Gueldre, Overijssel, Frise et Groningue).

Deux ans plus tard en 1581, ces 7 Provinces-Unies constituent officiellement un état. Cette indépendance mettra près de 80 ans à être reconnue par l’Espagne, et l’officialisation de cet état sera durement gagnée.

L’union des 7 provinces entraînent un nouvel essor économique, une autonomie politique et religieuse, tout en ouvrant les portes du « siècle d’or Néerlandais ». Cette nouvelle organisation entraîne un bouleversement au cœur du marché de l’art, et des activités artistiques. Les commandes en provenance du marché espagnol cessent. Avec ce marché en baisse, les thèmes traitant de l’histoire religieuse catholique ne trouvent plus autant d’acheteurs.

Les artistes et artistes peintres s’adaptent rapidement à cette mutation. Ils proposent des toiles différentes, et plus adaptées à ce nouveau marché. Les toiles sont généralement plus petites en rapport avec l’intérieur des habitations locales, et les thèmes abordés sont différents. Nous assistons au début de « l’âge d’or de la peinture Néerlandaise ».  Les scènes de la vie quotidienne, les portraits, la peinture d’histoire et les natures mortes , prennent leurs places dans cette nouvelle période artistique.

Dans ce nouvel environnement économique et artistique, les natures mortes trouvent facilement leur placent. La réalisation de ce style de peinture, ne nécessite pas forcément de commande et l’artiste ne subit pas les coûts d’un modèle vivant et la gestion du temps des poses. La peinture de « l’objet immobile » permet de dédier un endroit fixe dans l’atelier et de ne pas avoir à le remettre en scène le lendemain.

Hubert Van Ravesteyn, connu pour la beauté de ces natures mortes et ces scènes de vie quotidienne, participe à cette période faste de l’art. Il est important de savoir que ses productions artistiques sont contemporaines des chefs-d’œuvre de Rembrandt, Johannes Wemer, Willem Kalf, Willem Claeszoon Heda, Pieter Claesz.

Le tableau « smoker » d’Hubert Van Ravesteyn illustre parfaitement cette époque, celle du “siècle d’or Néerlandais”. En choisissant de copier ce tableau, j’ai pris le parti de centrer le sujet sur les 2 pipes blanches et l’aiguière. Il manque donc sur ce tableau, un pot en terre cuite qui contient des braises pour allumer les pipes. Je mentionne ce point car il permet de mieux visualiser la scène.

Cette copie de peinture d’Hubert Van Ravesteyn présente une scène quotidienne dans une maison bourgeoise. Ce tableau illustre la richesse, le goût du raffinement et des plaisirs simples de la vie. En tant que spectateurs, nous découvrons le kit parfait du fumeur de pipe. Le fumeur a quitté la pièce et les objets présentés sont les seuls témoins de son passage. Chaque élément a été choisi et placé avec soin. Le choix des matériaux, la finesse artistique et artisanale de l’aiguière et du verre, créent un décor parfait pour mettre en avant les deux pipes blanches en terre cuite. Ce modèle de pipe, était celui produit et vendu à l’époque, et Van Ravesteyn nous présente un nouvel art, l’art de fumer la pipe.

En poussant l’analyse, je me suis posée la question de savoir, s’il n’y avait pas un autre message derrière cette mise en scène. La présence des quatre éléments qui composent l’univers (l’eau, le feu, la terre et le vent) est-il le fruit du hasard ? N’y a-t-il pas un parallèle volontaire entre les éléments de l’eucharistie et ce tableau ? Doit-on voir dans ce tableau une provocation à la monarchie catholique espagnole ?

Ce questionnement fait également partie, du contact du copiste et de l’artiste qui a produit le tableau original. Copier ce n’est pas seulement, reproduire, connaître toutes les techniques artistiques, poser des couches de peinture ou être le spécialiste du glacis. Copier, c’est aussi tenter de comprendre la volonté de l’auteur.

D’un point de vue de la technique picturale, la copie de ce tableau est très intéressante, pour les nombreuses complexités que cette peinture recense. La carafe avec un mélange d’incrustations de pierres et d’ornements dorés, l’assiette en étain, le précieux tissu posé sur la table, les brindilles regroupées en un petit fagot très élégant et les 2 magnifiques pipes, sont de beaux challenges pour une copiste.

Je recommande vivement à toute personne motivée de tenter l’exercice de copier ce tableau. Je n’ai malheureusement pas eu la possibilité de découvrir l’original de cette peinture, car il appartient à une collection privée.

Juste un petit conseil, avant de copier une oeuvre, il est important de toujours voir l’original que ce soit dans un musée, une galerie, ou autres lieux d’expositions.

Lara Laria Martin

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